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Dossier
Discours
de William Nahum
Président du Conseil Supérieur de l'Ordre
des Experts-Comptables
58ème Congrès des Experts-Comptables
en présence de Jean-Pierre Raffarin
Monsieur le Premier Ministre, Messieurs les Présidents,
Mesdames, Messieurs " Ce n'est pas sans émotion et sans
fierté, que j'accueille aujourd'hui, au nom de l'ensemble
de la Profession Comptable, à l'occasion de ce 58ème
Congrès, le Premier Ministre de la France. Nous sommes
tous conscients de l'importance de cet événement et
de la valeur que représente votre présence, compte tenu
des responsabilités éminentes et écrasantes qui sont
les vôtres et de la densité de votre emploi du temps.
J'y vois une fidélité à vos responsabilités antérieures
de Ministre des PME, qui vous avaient donné l'occasion
de développer des initiatives importantes en faveur
des entreprises et de connaître mieux notre profession
et son rôle auprès de ces entreprises. J'y vois aussi
un gage de votre volonté, de donner, la priorité à l'entreprise
et à l'emploi.
Sachez, Monsieur le Premier Ministre, que nous suivons
avec un vif intérêt l'action réformatrice que vous menez
avec votre Gouvernement, dans un contexte difficile,
non seulement socialement mais aussi économiquement.
La réforme de l'Etat, la décentralisation, la réforme
de l'éducation nationale et de l'apprentissage, les
retraites, la sécurité sociale, les simplifications
administratives, les baisse des charges, la réduction
des impôts sont autant de décisions qui vont dans le
sens de l'intérêt de l'économie nationale, et donc du
bien commun.
Nous y avons contribué à cette démarche gouvernementale
par nos propositions de simplification. Mais aussi à
l'occasion de ce congrès, qui fait suite au parcours
du Train de la Création à bord duquel, avec R. DUTREIL,
nous avons, pendant deux semaines, accueilli des milliers
de créateurs en herbe.
Mais, permettez-moi, Monsieur le Premier Ministre,
d'évoquer les caractéristiques principales de notre
profession et les atouts de notre statut de professionnel
libéral pour la collectivité, et pour vous confirmer,
par ailleurs, que si nous sommes attentifs aux évolutions
qui peuvent y porter atteinte, nous ne voulons en aucun
cas rester hermétiques au changement, désireux au contraire
de servir l'intérêt de notre pays.
1/ Notre profession est réglementée, qui se doit d'œuvrer
pour le bien commun, en liaison étroite avec l'Etat.
Vous connaissez déjà, Monsieur le Premier Ministre,
le rôle joué par les experts-comptables auprès des petites
et moyennes entreprises, créatrices d'emplois.
Le thème de ce congrès l'illustre totalement, s'il en
était besoin.
Création, transmission, développement, prévention des
difficultés : l'expert-comptable est toujours présent
auprès du chef d'entreprise.
Et deux sondages récents, effectués par la SOFRES et
l'IFOP, nous situent très largement en tête des accompagnateurs
des Entrepreneurs dans tous les cas.
Notre forte implantation dans le tissu des petites et
moyennes entreprises, la diversité des domaines traités,
notre proximité du chef d'entreprise et le coût accessible
aux plus petites entreprises de nos prestations confèrent
à notre réseau de 20 000 bureaux un rôle éminent dans
l'économie des entreprises. Les pouvoirs publics disposent
ainsi par l'intermédiaire de la profession d'un formidable
vecteur d'information et d'impulsions.
Cette confiance que nous vaut cette action quotidienne,
nous sommes heureux de la voir consolider par les initiatives
des pouvoirs publics.
Consolidation vis-à-vis des investisseurs avec la loi
de sécurité financière qui vient d'être adoptée par
le Parlement.
Cette loi répond pour l'essentiel aux demandes exprimées
par la profession. Elle est le prix à payer pour restaurer
la confiance dans l'information financière.
Même si elle concerne surtout les commissaires aux comptes,
les experts-comptables en subiront aussi les effets.
Consolidation attendue de la confiance également avec
la mise en place d'un référentiel comptable unique pour
renforcer la transparence et la lisibilité des comptes
au-delà des frontières.
L'avènement d'un référentiel unique pour les entreprises,
attendu depuis longtemps, est maintenant acté. La question
n'est plus d'être pour ou contre mais de savoir quand
sera-t-il applicable et à qui ?
La mise en place de ce langage commun est une bonne
chose, mais son contenu a été trop longtemps laissé
à la seule initiative d'une organisation technocratique
sans contrôle. Il est indispensable que les caractéristiques
européennes soient mieux prises en compte. Les nouvelles
normes doivent être adaptées aux pratiques de gestion
et applicables sans bouleversement majeur. Les difficultés
rencontrées sur les IAS 32 et 39 résultent de la non
prise en compte de ces principes. Nous sommes satisfaits
que la France ait joué un rôle majeur pour inciter l'Union
Européenne à être plus attentive à ces risques et à
recadrer la normalisation comptable européenne.
2/ Toujours pour mériter cette confiance, nous sommes
légitimement attentifs à tous les débats et les projets
susceptibles de porter atteinte à notre statut de profession
réglementée.
Je pense tout particulièrement à la réflexion qui a
été initiée par la Commission Européenne sur les professions
réglementées et plus généralement à la négociation sur
la libéralisation des services entre l'Union Européenne
et l'OMC.
Nous avons assisté dernièrement au niveau européen à
un certain nombre d'offensives ayant pour objectif implicite
d'abaisser le niveau de réglementation existant au nom
du principe de la libre circulation des professionnels
et du droit de la concurrence. Or, les professions libérales
réglementées sont porteuses d'importantes valeurs déontologiques,
les praticiens libéraux se devant d'offrir à la société
civile des garanties de compétence technique, de probité
et d'indépendance qui justifient l'existence d'une réglementation
sérieuse tant des conditions d'accès au droit d'exercice
que des modalités pratiques de la bonne conduite professionnelle
quotidienne. La profession comptable, mais aussi l'Etat
Français, se doivent de rester très attentifs à toutes
ces perpectives européennes de remise en cause précipitée
de certaines règles essentielles. Nous le devons pour
garantir le maintien des différences qualitatives actuelles
dans l'intérêt des entreprises et de la collectivité
nationale.
La France est sur le point de transposer dans son droit
national la directive européenne du 4 décembre 2001
sur la lutte contre le blanchiment de capitaux. Je rappellerais
que la profession a accepté avec clarté, depuis plusieurs
années, de s'engager aux côtés des pouvoirs publics
dans ce combat contre le blanchiment. Comme nous l'avions
demandé, les experts-comptables bénéficieront, comme
les avocats, de la dérogation prévue par la directive
pour les consultations juridiques liées aux procédures
judiciaires et à la défense des justiciables. Il reste
que certains points ne sont pas encore clarifiés.
L'attitude des magistrats, a posteriori, à l'égard de
la responsabilité de l'expert-comptable qui aurait eu
un client poursuivi pour blanchiment reste encore à
ce jour une menace potentielle pour des professionnels
de bonne foi qui n'ont à connaître que le champ défini
dans la relation contractuelle qu'ils ont avec leur
client par leur lettre de mission.
Mais le risque le plus important pour nous, professionnels
libéraux, est celui de l'atteinte au secret professionnel
et de la dénaturation des rapports de confiance que
nous devons entretenir avec nos clients. Nous acceptons
ce risque dans l'intérêt général, mais il ne faudrait
pas qu'une interprétation extensive du champ d'application
de cette obligation conduise à terme nos clients au
" soupçon de déclaration " à l'égard de leur expert-comptable.
L'institution reste aussi vigilante sur les empiétements
des activités publiques dans des secteurs qui relèvent
du domaine concurrentiel.
Depuis votre arrivée à la tête du gouvernement Monsieur
le Premier Ministre, vous nous avez rassurés sur ce
point, en arbitrant clairement contre le dispositif
confiant l'élaboration de bulletins de salaires à des
agents publics, financé par des fonds publics, tel qu'il
avait été mise en place en 2001. Il ne faudrait pas,
toutefois que le titre emploi service qui remplacera
impact emploi n'aboutisse, par une extension progressive,
au même résultat.
Notre dernière préoccupation, Monsieur le Premier Ministre,
serait de voir décorseté le périmètre des missions de
l'expert-comptable en clarifiant une fois pour toute
le texte par trop ambigu qui les fondent. Il nous semblerait
utile d'autoriser les services des professionnels du
chiffre aux personnes physiques qui le désirent, comme
aux organismes publics, et d'affirmer, surtout clairement
leur compétence dans le domaine de la création d'entreprise.
3/ Mais si elle reste attentive aux évolutions, elle
n'en est pas moins ouverte sur l'Europe et sur le Monde.
La profession a déjà intégré les nouvelles normes professionnelles
sur l'audit définies par l'IFAC pour l'ensemble des
pays. Nous nous préparons depuis plusieurs mois à la
mise en place du nouveau référentiel comptable dans
les comptes des sociétés cotées en 2005. Ceci implique
un réajustement important des connaissances de nos professionnels
; l'Ordre et la Compagnie accompagnent ce changement
fondamental en mettant en place une formation certifiante
qui prendra d'abord la forme d'une action lourde de
150 heures sur ce référentiel qui sera ensuite suivie
d'actions moins coûteuses en temps et en argent et destinées
aux 17 000 professionnels. Afin de définir les délais
nécessaires pour l'extension à ces entreprises des normes
IAS, en apprécier les effets attendus selon leur taille,
et en évaluer les conséquences concrètes, nous avons
initié une étude d'impact avec la Compagnie des Commissaires
aux Comptes, en liaison avec le CNC et la direction
du Trésor.
Comme vous voyez, Monsieur le Premier Ministre, la profession
est ouverte au changement induit par le phénomène de
mondialisation.
Il en est de même pour les mutations que l'Europe sollicite.
Nous apportons notre contribution à la réflexion sur
les avantages comparés des professions selon qu'elles
sont ou non réglementées, sans arrière pensée. La seule
loi du marché, le seul critère de prix, ne peuvent régir
des domaines aussi fondamentaux. La singularité française
dans ce domaine doit faire école en Europe même si elle
doit être aménagée, redimensionnée, pour arriver à un
compromis avec les pays qui n'ont pas de réglementation
spécifique.
Autre signe d'ouverture de notre profession et non des
moindre : l'avènement de l'exercice associatif de la
comptabilité au sein de l'Ordre avec l'intégration maintenant
très prochaine des centres de gestion habilités sous
forme d'association de gestion et de comptabilité. Le
texte en cours d'adoption dans le train des ordonnances
de simplification repose sur un équilibre délicat permettant
d'assurer le respect de l'autonomie et des spécificités
des associations, tout en instaurant l'égalité de traitement
entre les deux modes d'exercice.
La profession sert les entreprises clientes mais elle
souhaite aussi voir l'intérêt général et l'intérêt de
la France à l'étranger.
4/ C'est dans cet esprit que nous avons engagé une
réflexion stratégique sur notre devenir.
J'ai eu notamment l'occasion, Monsieur le Premier Ministre,
d'exposer à plusieurs de vos ministres et à votre Directeur
de Cabinet, M. Pierre STEINMETZ nos réflexions sur les
liens de cause à effet qui semblent exister entre l'importance
et la cohésion des professions du chiffre dans un pays
et la puissance de son économie et de son rayonnement
international.
En quelques mots, et quelques chiffres, je souhaite
décrire - ce qui me paraît être le cas le plus exemplaire
en la matière - c'est-à-dire celui de la Grande-Bretagne.
Au-delà de l'atout de la langue, au-delà de l'histoire
et des modes de pensée du monde anglo-saxon, je pense
que la taille, l'organisation, le dynamisme et la cohésion
des organisations professionnelles anglo-saxonnes ne
sont pas étrangères à un dynamisme reconnu de sa place
financière de Londres, en Grande-Bretagne et à l'étranger
mais aussi, selon moi, des entreprises britanniques.
La Grande-Bretagne compte 6 instituts professionnels
de la comptabilité privée, publique et de gestion. En
sont membres aussi bien des professionnels libéraux
ayant des droits spécifiques que des salariés d'entreprises,
ou fonctionnaires, ou enseignants. Ces 6 instituts réunis
comptent pas moins de 340 000 membres dont 65 500 à
l'étranger partout dans le monde, ils forment actuellement
plus de 250 000 étudiants et ils emploient 1 600 personnes.
La France compte 17 000 experts-comptables inscrits
dont 10 membres seulement exerçant à l'étranger et il
y a environ 5 000 personnes actuellement qui poursuivent
le diplôme d'expert-comptable.
Cette importance, ce rayonnement, cette présence donnent
un avantage concurrentiel radical et irrécupérable à
nos amis britanniques de multiples plans. Singulièrement
s'agissant des PME/PMI. Il y a, par exemple en Chine,
des milliers de chinois titulaires d'un diplôme anglais,
voire canadien et québecois.
Même dans des pays francophones, ce dynamisme s'affiche
de plus en plus. Lorsque les nouvelles normes comptables
deviendront universelles, il sera encore plus facile
à nos compétiteurs de nous challenger y compris dans
des pays qui ont une longue tradition d'amitié avec
la France. Enfin, dans les instances internationales,
en particulier celles qui produisent ces fameuses normes,
la présence anglo-saxonne et britannique justifiée par
leur nombre est sans commune mesure avec la présence
et donc l'influence des Français.
Aujourd'hui, le modèle français est regardé comme celui
de la modernité, de la transparence et de l'éthique.
De plus un français, R. RICOL se trouve à la tête de
l'organisation mondiale : l'IFAC. Et je suis témoin,
pour être conseiller technique au Board de l'IFAC, de
l'exceptionnel dynamisme et de la maestria avec laquelle
il mène ses fonctions, ce qui n'est guère aisé dans
le contexte actuel, chacun le comprendra.
Il faut profiter de cette conjonction pour y aller et
faire avancer le projet France auquel la profession
pourra contribuer, comme je l'ai décrit tout à l'heure.
Pour parvenir à cet objectif, nous proposerions à nos
collègues diplômés, salariés d'entreprises, de figurer
sur une liste associée auprès de l'Ordre. Nous réfléchissons
aussi au statut de membre associé pour les directeurs
financiers, les contrôleurs de gestion et trésoriers
d'entreprise et tous les cadres qui travaillent dans
le secteur de la finance. Nous envisagerions aussi de
faire de même avec les confrères de la trentaine de
pays amis qui pourraient y être intéressés et créer
ainsi un vaste réseau. Sans pour autant aboutir à la
puissance du modèle britannique, ce rassemblement créerait
une valeur ajoutée forte au bénéfice des professionnels,
des entreprises dans chacun de ces pays et en définitive
- je le crois profondément - de la France.
Ceci dit, il faut être clair, il n'est nullement question
d'attribuer à ces personnes un quelconque droit d'exercice,
pour être précis, il n'est pas question de tenir la
comptabilité du " bar des platanes " en concurrence
avec les membres inscrits de plein droit de l'Ordre
qui ont obtenu leur diplôme ; d'ailleurs ces membres
amis ne le demandent, ni ne le souhaitent en aucune
façon. Nous envisageons, pour accompagner ce vaste projet,
de créer une Académie des sciences comptables, de gestion
financière et de l'audit qui pourrait être un terrain
d'échanges, d'accueil et de familiarisation pour les
populations visées par mon projet.
Notre profession devra relever ce défi de la mondialisation.
Depuis 30 ans, elle a magnifiquement su relever celui
de la modernité, à travers l'usage intensif des nouvelles
technologies, l'adoption de normes comptables d'audit
des règles d'éthique et des codes de déontologie à travers
aussi l'ouverture du diplôme d'expertise-comptable que
nous souhaitons rendre accessible au niveau de Bac +
5 - je dis bien Bac + 5 - pour tout titulaire d'un diplôme
de même niveau, quelle qu'en soit la nature : histoire,
littérature ou économie.
Cette volonté d'ouverture répond à la fois à un réel
besoin de nouvelles compétences au sein des cabinets
et à la nécessité de réduire les obstacles qui dissuadent
actuellement certains candidats souhaitant changer d'orientation.
Je pense notamment aux candidats des écoles de commerce
qui se tournent aujourd'hui vers d'autres filières plus
rapidement accessibles.
Confronté à la lourdeur des circuits de validation des
diplômes d'Etat et désireux d'acquérir plus de souplesse
et de réactivité aux besoins exprimés par les cabinets
et les entreprises, en France mais aussi à l'étranger,
le Conseil Supérieur de l'Ordre envisage de créer à
bac + 3 un " certificat de compétences " qui serait
labellisé par l'Institution et déboucherait sur un titre
professionnel " d'attaché d'expertise comptable " valorisé
par la convention collective des cabinets, à l'exemple
des clercs de notaire.
Ce projet viendrait accroître la visibilité et le statut
de ces cadres dans les cabinets, les entreprises françaises
et à l'étranger, contribuerait aussi à la présence de
la France.
Nous entretenons avec la Compagnie Nationale des Commissaires
aux Comptes et son président Michel TUDEL, présent dans
cette salle, des liens très étroits et nous nous efforçons
de renforcer nos activités communes et de travailler
en étroite concertation.
Corrélativement à ce projet nous envisageons certaines
évolutions à court et moyen terme. Mais rien n'est encore
totalement décidé car notre réflexion stratégique est
encore inachevée. Nous avons déjà aménagé nos règles
de communication qui étaient trop restrictives pour
améliorer l'information des usagers. Le principe de
polyvalence de l'expert-comptable, essentiellement généraliste,
mérite à son tour d'être adapté pour la même raison.
Lorsqu'une entreprise cherche un professionnel particulièrement
au fait d'une technique ou connaissant parfaitement
un secteur d'activité, il doit pouvoir disposer de cette
information.
Il est probable enfin, à plus long terme, que les évolutions
institutionnelles, économiques et techniques nous conduisent
à des mutations plus profondes, dans notre statut, dans
notre réglementation mais aussi, corrélativement, dans
nos missions qui restent actuellement cantonnées par
des règles contraignantes.
Nous avons encore le temps d'en débattre au sein de
la profession avec le souci double de ne pas être surpris
par les événements et de préserver quoi qu'il arrive
l'intérêt de la France et celui des entreprises.
En vous remerciant encore, Monsieur le Premier Ministre,
pour votre action à tête du Gouvernement, je me permets
de vous souhaiter, en reprenant la formule de l'empereur
Marc Aurèle : "la force pour supporter ce qui ne peut
être changé, le courage pour changer ce qui peut l'être
et la sagesse pour distinguer l'un de l'autre ". |
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Pour aller plus loin...
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L'irritante
question du périmètre du Droit
Communiqué de la Confédération
Nationale des Avocats (5-11-03)
Pour lire le texte, www.cna-avocats.com
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